menu

Bio

Ma peinture, c’est d’abord, et surtout, une ligne dense, libre, définitive, toujours sensuelle, née d’une vision intérieure instinctive.

Dès l’enfance, j’ai eu la chance que mon oncle, peintre (Ecole des Beaux Arts de Madrid), fasse mon apprentissage des techniques de la peinture. Puis vint le choc : ma rencontre avec le triptyque Le jardin des plaisirs de Bosch au Musée du Prado à Madrid, à neuf ans. Dès lors, j’ai su que la peinture serait ma voie d’expression. Fascinée par la beauté de l’œuvre, je suis partie sur le chemin de cette aventure, à l’instinct, affinant ma technique, recherchant l’alchimie des transparences et des couleurs fraîches, gaies. Pour une transhumance sans répit en quête d’espaces où l’on respire mieux. Je notai et répertoriai mes expérimentations sur les techniques de peinture à l’huile, puis ces notes sont devenues des pensées, fragments, sensations sur la peinture. C’est devenu mes carnets transhumances.

Dans le même temps ma signature, classique, est devenue monogramme. Il est une part essentielle d’une toile, un signe pictural en soi. Je me mets en scène. C’est ma traque de mon moi profond, ma certitude que je suis là où je peins.

En 1997, je m’établis à La Réunion. Mon monde s’étaye en bleu.Il fait advenir une image plus magique que visuelle. L’œuvre éclate en fragments ou en fresques sur toile. Ma voie est dans le monde de la ligne et de la lumière ; C’est dans cet univers intime ou je me plonge avec allégresse que je traque l’image au summum de son équilibre et de son intensité. Je suis comme le photographe qui recherche le meilleur sujet et le meilleur cadrage pour restituer le maximum de force. D’ailleurs, je ne commence à peindre que lorsque l’impression de l’image est totalement aboutie en moi.

En 2003, un essai introductif est publié dans la monographie. Et pourtant en bleu je dessine (Océan Editions, décembre 2003, 88 pages), et des entretiens (Aubes lointaines / Faraway Dawns, Entretiens Sylvie Gesbert de Línea et Eryx de La Clappe, Galerie Chardon & Petits-fils, Paris 3°, octobre 2005, 28 pages Catalogue d’expositions : Paris, Madrid, Mainz, La Réunion).
En 2008, un essai d’Eryx de la Clappe est publié dans l’ouvrage Black line, accompagnée d’une étude de l’écrivain Li Fu (Black line. Transhumances, Eryx de la Clappe, Li Fu & Gesbert de Línea, Atelier SGL, Saint-Paul, décembre 2008, 90 p. Monographie tome 2).

Ma peinture, au fond, est profondément subversive : elle vise le bonheur d’être. La subversion suprême, c’est être soi dans le temps présent, et dionysiaque. Je retrouve à partir des gestes calligraphiques, gestes magiques et universels, les sensations primordiales qui donnent sens à l’humain.

En 2009, mon style très personnel d’expression m’a valu de recevoir la décoration Arts-Sciences-Lettres au Pavillon Dauphine à Paris dans la même promotion que Jean d’Ormesson.

C’est une écriture, mon écriture, que je vous livre. La ligne qui départage le vide et le plein, qui donne toute sa consistance au récit pictural. La ligne origine et finalité. Ma recherche permanente, ma transhumance intérieure dans les sentiers de la sensation et du sens m’ouvre un espace de liberté ou le temps n’est pas figé mais infini et ouvert sur l’éternité. Je le ressens comme une migration qui ouvre la voie au sacré des formes. Peindre est une transhumance de la sensation et du sens.

C’est ma deep way of painting, ma transhumance.

/